Sunulife · sam. 30 mai 2026 · 2 min de lecture
Convocation pour les patriotes, silence pour les bourreaux : la justice à deux vitesses

Alors qu'un député échappe de justesse à un rapt devant l'Assemblée nationale, un activiste reçoit une convocation de la gendarmerie. Sous Macky Sall, on dénonçait les enlèvements. Aujourd'hui, la méthode semble inchangée.
La scène se déroule devant l'Assemblée nationale, en plein jour : un député, Cheikh Bara Ndiaye, est la cible d'une tentative de rapt. Les faits remontent à quelques jours, mais l'onde de choc n'a pas fini de traverser les travées du parlement et les rues de Dakar. Ce n'est pas un incident isolé. C'est un signal. Le même jour, un citoyen reçoit une convocation de la section de recherches de la gendarmerie. Motif : « affaire [le] concernant ». L'homme n'est pas un inconnu : il dénonce depuis longtemps les dérives sécuritaires. Dans sa déclaration publique, il relie les deux événements avec une lucidité qui dérange. « Sous Macky Sall, nous dénoncions les non-convocations, les rapts dans la rue… », rappelle-t-il. Aujourd'hui, sous un nouveau régime, le scénario se répète. Les patriotes sont convoqués, les assassins de nos martyrs et les tortionnaires de nos camarades, eux, restent libres. La justice sénégalaise semble plus prompte à s'occuper des premiers que des seconds. Cette asymétrie n'est pas un détail. Elle pose une question fondamentale : quelle mémoire voulons-nous pour nos martyrs ? Si les bourreaux de l'ère Macky Sall ne répondent pas de leurs actes, si les tentatives de rapt contre des élus du peuple deviennent monnaie courante, alors la promesse de rupture s'éloigne. Le Sénégal ne peut pas construire son avenir sur une justice qui choisit ses cibles. L'heure n'est plus aux constats, mais aux actes. La rue, les réseaux sociaux, les travées de l'Assemblée : partout, la même exigence monte. Que les vrais criminels soient traduits en justice. Que les patriotes ne soient plus les accusés. L'histoire retiendra qui a osé briser le silence.


