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Lutte & Arts Martiaux

Sunulife · dim. 26 avr. 2026 · 2min de lecture

Judo africain : l'Algérie domine Oran, mais où est le Sénégal ?

Judo africain : l'Algérie domine Oran, mais où est le Sénégal ?
En bref

Sur les tatamis d'Oran, l'Algérie a imposé sa loi dès la première journée des championnats d'Afrique, avec cinq médailles dont trois en or. Pendant ce temps, le Sénégal, jadis gloire du judo continental, regarde de loin.

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Les gradins du complexe sportif d'Oran vibraient d'une fierté algérienne, le 24 avril 2026, lorsque les judokas locaux ont offert une ouverture de championnat d'Afrique éclatante. Cinq médailles, dont trois en or, ont propulsé l'Algérie en tête du classement dès la première journée. Une démonstration de force qui interroge, pour nous Sénégalais, sur notre propre silence sur les tatamis continentaux. Kais Moudetere, en moins de 66 kg, a ouvert le bal avec une finale maîtrisée de bout en bout. Sa technique, sa lecture du combat, tout chez lui respirait la préparation et l'ambition. Puis Yasmine Djellab, en moins de 63 kg, a offert au public féminin algérien un titre continental qui confirme la montée en puissance de la judokate. Enfin, Dris Messaoud, enfant d'Oran, a ajouté un quatrième titre africain à son palmarès, consolidant sa légende vivante. Mais au-delà de l'exploit algérien, ce championnat nous rappelle une vérité plus amère. Le Sénégal, qui a jadis donné au judo africain des noms comme Djibril Sène ou Mbagnick Ndiaye, brille aujourd'hui par son absence. Où sont passés nos combattants ? Notre école de judo, qui formait des techniciens redoutables, semble avoir perdu sa voix dans le concert des nations. L'Algérie, elle, a construit une filière solide, avec des clubs, des compétitions nationales régulières, et un suivi des talents dès le plus jeune âge. Younes Ben Laribi et Anaïs Guebli, médaillés de bronze, sont la preuve que la profondeur du banc algérien fait la différence. Pendant ce temps, chez nous, les infrastructures vieillissent, les compétitions se raréfient, et nos jeunes talents se tournent vers d'autres sports, faute de visibilité et de moyens. Ce n'est pas un constat de résignation, mais un appel. Le judo sénégalais a besoin d'une renaissance, d'un projet fédérateur qui sorte des discours et investisse dans les dojos, les entraîneurs, et les compétitions. L'exemple algérien doit nous inspirer, non nous décourager. Car la fierté de voir une nation africaine dominer ne doit pas effacer l'urgence de reconquérir notre place. Alors que les championnats se poursuivent à Oran, une question nous taraude : dans deux ans, sur les tatamis de la prochaine édition, verrons-nous enfin des couleurs sénégalaises briller ? L'histoire du judo africain ne s'écrit pas sans nous. Il est temps de reprendre la plume.