Retour Au Pays
Sunulife · sam. 4 juil. 2026 · 2 min de lecture
Vélingara : le retour au pays, une seconde chance à arracher

Il y a le bruit des taxis-clandos qui bringuebalent sur les pistes latéritiques, la chaleur sèche qui colle la peau, et surtout, ce silence intérieur qui pèse sur celui qui revient. À Vélingara, dans le Sud du Sénégal, des hommes et des femmes qui ont tenté l’ailleurs rentrent chaque année, portant dans leurs bagages des rêves brisés, des dettes, et parfois une honte que la société ne les aide pas à déposer. Le retour au pays, pour eux, n’est pas une fin de voyage : c’est un nouveau départ, mais sur un chemin semé d’embûches. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a mis en place des programmes de réintégration, et certains ont pu saisir la perche. Ici, un jeune ouvre une boutique de téléphonie ; là, une femme relance un petit élevage de volailles. Ces réussites existent, modestes mais réelles, et elles méritent d’être saluées. Mais que vous soyez à Paris, à Montréal ou à New York, sachez que pour chaque histoire de résilience, il y a celle d’un frère ou d’une sœur qui peine à trouver sa place, confronté à la précarité et au regard accusateur de ceux qui n’ont jamais quitté le village. Car le plus dur, parfois, n’est pas la traversée du désert ou de l’océan. C’est de revenir les mains vides dans une communauté qui attendait des dollars, des cadeaux, une réussite éclatante. Les migrants de retour à Vélingara racontent des regards fuyants, des questions qui ne se posent pas, et cette étiquette de « l’échec » qu’on colle comme une seconde peau. La société sénégal