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Opportunites

Sunulife · ven. 12 juin 2026 · 2min de lecture

Zambie, Chine et souveraineté : le prix caché de l’influence

Zambie, Chine et souveraineté : le prix caché de l’influence
En bref

Quand un sommet sur les droits numériques est annulé sous pression, c’est toute l’Afrique qui mesure le poids des chaînes invisibles. Derrière les promesses de développement, la réalité d’une emprise qui interroge notre capacité à décider seuls.

Le 23 février 2025, à Lusaka, la conférence RightsCon devait ouvrir ses portes. Mais à quelques jours du coup d’envoi, le gouvernement zambien retire son soutien. Motif officiel : des « contraintes logistiques ». Le motif réel, que tout observateur averti devine, est autre. Car RightsCon, c’est le rendez-vous mondial des droits numériques, de la liberté d’expression en ligne, de la société civile. Et dans un pays où les intérêts chinois pèsent lourd, ce genre de débat n’est pas le bienvenu. Que vous soyez à Dakar, Paris ou New York, cette affaire vous concerne. Parce qu’elle révèle une mécanique bien rodée : Pékin ne badine pas avec ses intérêts stratégiques. En Afrique, la Chine investit, construit des routes, des stades, des hôpitaux. Mais chaque yuan a son prix. Et ce prix, ce sont parfois nos libertés, notre capacité à critiquer, à débattre, à dire non. Le cas zambien n’est pas isolé. Du Sénégal à l’Éthiopie, en passant par le Kenya, les mêmes schémas se répètent : des contrats opaques, des dettes colossales, et une diplomatie qui n’hésite pas à faire pression quand un gouvernement ose s’écarter de la ligne. RightsCon n’est que la partie émergée de l’iceberg. Mais il serait trop facile de ne pointer que du doigt. Car la responsabilité est aussi africaine. Nos dirigeants, trop souvent, cèdent sans conditions, sans négocier des garde-fous. Et nous, diasporas, nous qui avons vu d’autres modèles, qui savons ce que démocratie et transparence veulent dire, nous avons un rôle à jouer. Celui d’éclairer, de questionner, de rappeler que le développement ne doit pas rimer avec servitude. Alors que la Chine étend son emprise, l’Afrique doit inventer sa propre voie. Non pas en rejetant tout partenariat, mais en exigeant des règles claires, réciproques. RightsCon annulé, c’est un signal d’alarme. L’histoire ne nous pardonnera pas de l’ignorer.