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Foi

Sunulife · lun. 5 oct. 2026 · 2 min de lecture

Le parfum du partage : Tabaski et Korité au regard des chrétiens

Le parfum du partage : Tabaski et Korité au regard des chrétiens

Il était encore tôt quand Awa entendit frapper à la porte de la concession familiale à Ziguinchor. Son voisin Moussa se tenait dehors avec une assiette fumante de viande grillée recouverte de papier aluminium, la première part de Tabaski offerte par sa maison. La mère d’Awa, catholique, revenait tout juste de la messe du matin ; elle l’accueillit avec un sourire et lui remit un bol de jus de bissap frais. Dans la cour voisine, les enfants couraient avec des bonbons, et un cousin appela de Montréal, lui qui regrettait l’odeur des oignons grillés et le son des prières partagées.

Dans ces échanges tout simples, les textes parlent doucement. Un passage rappelle qu’un ami véritable n’attend pas les jours faciles : l’amitié aime en tout temps et un frère est là pour les jours difficiles. L’amour entre voisins pendant les fêtes n’est pas un geste saisonnier, mais une présence fidèle. Quand un foyer musulman se prépare à la Korité après un mois de jeûne, les voisins chrétiens peuvent partager la joie sans avoir à célébrer le même rite : il s’agit de se réjouir avec ceux qui se réjouissent. La même phrase invite aussi à pleurer avec ceux qui pleurent, car la joie et la peine appartiennent à toute la rue. Et quand des tensions, la fatigue ou des malentendus surviennent dans les concessions animées, le conseil est simple : autant que cela dépend de nous, être en paix avec tous. Cette paix se construit par de petits gestes, non par de grands accords.