Aller au contenu principal
Société

Sunulife · lun. 5 oct. 2026 · 2 min de lecture

Le cinquième anniversaire ne se négocie pas

Le cinquième anniversaire ne se négocie pas

Dans les ruelles de Médina, à Dakar, une jeune femme prénommée Aïssatou tient un carnet usé où elle note chaque matin les prix du mil, du riz brisé et de l'huile. Elle a vingt-six ans, un diplôme en agroécologie et une conviction chevillée au corps : la souveraineté alimentaire ne se décrète pas depuis un sommet international, elle se construit dans les marchés, les coopératives et les champs. À quelques milliers de kilomètres de là, dans les couloirs feutrés des organisations internationales, on disserte encore sur les « priorités humanitaires » du Sahel. Mais Aïssatou ne les attend plus. Elle a compris que le cinquième anniversaire d'un enfant ne devrait jamais dépendre d'un budget étranger. Cette phrase, qui pourrait sembler une évidence, est devenue un manifeste. Elle circule désormais dans les cercles de jeunes activistes, d'entrepreneurs sociaux et de chercheurs africains qui refusent la tutelle bienveillante des bailleurs. Non pas par rejet de la solidarité internationale, mais parce que la dépendance a un goût amer : celui d'une aide qui arrive toujours trop tard, qui impose ses conditions, ses experts, ses indicateurs, et qui repart sans avoir construit de ponts durables. Le paradoxe est cruel. L'Afrique est le continent le plus jeune du monde : plus de 60 % de sa population a moins de 25 ans. Chaque année, entre 10 et 12 millions de jeunes arrivent sur le marché du travail. Pourtant, les systèmes éducatifs, hérités pour beaucoup de l'ère coloniale, continuent de pro