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Société

Sunulife · lun. 29 juin 2026 · 2min de lecture

La peau qui compte : aux racines de la beauté propre en Afrique

La peau qui compte : aux racines de la beauté propre en Afrique

Dans les allées climatisées du Mall of Africa à Johannesburg, une jeune femme scrute les étagères. Elle cherche une crème hydratante. Pas n'importe laquelle : sans parabènes, sans sulfates, sans huile de palme, sans silicones. Elle veut du « clean ». Mais que signifie vraiment ce mot dans un contexte africain ? La notion de beauté propre, importée des marchés occidentaux comme une promesse de pureté et de transparence, rencontre sur le continent un écho inattendu : celui d'une mémoire longue, où le soin du corps n'a jamais été séparé de la terre qui le nourrit. Au Sénégal, les femmes mourides de Touba ont depuis des siècles une relation intime avec le beurre de karité et le savon noir. Ces produits ne portent pas d'étiquette « clean », mais leur fabrication artisanale, transmise de mère en fille, respecte des cycles naturels que l'industrie cosmétique commence à peine à redécouvrir. « Le problème du clean beauty importé, c'est qu'il efface souvent les productrices africaines », explique Aïssatou, fondatrice d'une coopérative à Kaolack. « On nous achète le beurre de karité brut, on le transforme en Europe, on le revend dix fois le prix avec une étiquette bio. Mais qui nettoie vraiment ? » Cette interrogation résonne au-delà des cosmétiques. Elle touche à la souveraineté économique, à la justice climatique, à la manière dont l'Afrique peut habiter la modernité sans renier ses ressources. Car la beauté propre, dans sa version dominante, reste un privilège de classe. Elle coûte c