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Surmonter le besoin excessif de gagner : un chemin vers la réussite collaborative

Le besoin excessif de gagner nuit aux relations et à la collaboration. Pour le surmonter, il faut développer sa conscience de soi, pratiquer l'écoute active et rechercher des solutions mutuellement bénéfiques.

Sunulifelun. 12 janv. 20267min de lecture
Surmonter le besoin excessif de gagner : un chemin vers la réussite collaborative
Gagner à tout prix. Ce comportement omniprésent – le besoin compulsif de sortir vainqueur de chaque situation, même la plus anodine – peut saboter les relations, freiner la collaboration et limiter votre potentiel. Dans cette analyse approfondie, nous explorerons les manifestations de cette habitude, les raisons pour lesquelles elle est nuisible, et surtout, comment la surmonter grâce à des actions concrètes et efficaces.

Qu’est-ce que « gagner à tout prix » ?

Au fond, ce comportement consiste à privilégier la victoire à tout prix, même lorsque les enjeux sont faibles ou que cela nuit aux relations interpersonnelles. Il ne s’agit pas de saine compétition ou de recherche d’excellence, mais plutôt du besoin d’avoir raison, d’avoir le dernier mot ou de démontrer sa supériorité dans des situations où la collaboration ou le compromis seraient plus bénéfiques. Cette habitude découle souvent du même élan qui a alimenté vos succès passés : ambition, confiance en soi, ou une mentalité axée sur les résultats. Toutefois, non maîtrisée, elle devient un handicap. Vous pourriez reconnaître ce comportement dans des situations telles que : • Défendre passionnément un détail mineur lors d’une réunion, au point de détourner la discussion. • Reprendre un collègue publiquement pour affirmer votre expertise. • Transformer une conversation informelle en débat juste pour « gagner » un point. Même si ces comportements peuvent sembler justifiés sur le moment, ils laissent souvent les autres avec un sentiment de rejet, de sous-estime ou de frustration. Avec le temps, cette habitude érode la confiance, affaiblit le travail d’équipe et réduit votre influence en tant que leader ou collaborateur.

Pourquoi ce besoin nuit-il à votre progression ?

Le besoin de toujours gagner génère des tensions car il fait passer l’ego avant la connexion. Dans un environnement professionnel où l’intelligence émotionnelle et la collaboration sont clés, ce comportement peut : • Éloigner les collègues : Le besoin constant d’avoir raison dissuade les autres de partager leurs idées ou de collaborer. • Freiner l’innovation : En rejetant les opinions divergentes, vous vous privez de perspectives enrichissantes. • Saper votre leadership : Un leader obsédé par la victoire est perçu comme peu sûr de lui ou difficile d’accès, ce qui nuit à sa capacité à inspirer. Marshall Goldsmith souligne que cette habitude est particulièrement sournoise car elle procure une satisfaction immédiate (le plaisir de gagner une discussion), mais a un coût élevé à long terme sur votre réputation et vos relations.

Exemple concret

Prenons Mark, un chef de projet talentueux, réputé pour ses résultats. Lors d’une séance de remue-méninges, un collègue débutant propose une nouvelle méthode pour simplifier un processus. Mark réagit aussitôt : « C’est un bon début, mais ce n’est pas viable à grande échelle. Voici ce qu’il faut faire. » Le collègue se referme, et l’énergie de l’équipe retombe. Progressivement, les membres cessent de proposer des idées, par crainte du besoin de Mark de dominer les discussions. Malgré ses compétences techniques, Mark est écarté d’une promotion : ses pairs et subordonnés le trouvent difficile à gérer. Cette histoire illustre comment le besoin de gagner transforme une force (la confiance) en faiblesse (l’inflexibilité). La bonne nouvelle ? Cette habitude est totalement réversible.

Comment reconnaître ce comportement chez soi ?

La prise de conscience est la première étape pour briser cette habitude. Posez-vous les questions suivantes : • Est-ce que je ressens souvent le besoin d’avoir le dernier mot, même sur des sujets insignifiants ? • Est-ce que j’interromps les autres pour corriger des détails mineurs ? • Après un débat, mes collègues ou amis semblent-ils plus distants ou désengagés ? • Est-ce que je ressens une forte envie de « gagner » une discussion, même si l’issue est sans importance ? Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions, vous manifestez peut-être cette tendance. Pour en avoir le cœur net, demandez l’avis de personnes de confiance : « Ai-je l’air, parfois, de vouloir avoir raison à tout prix ? » Leurs réponses pourraient mettre en lumière certains angles morts.

Stratégies concrètes pour en sortir

Rompre avec cette habitude demande un effort conscient, mais le bénéfice – de meilleures relations, une plus grande influence et une approche collaborative – en vaut largement la peine. Voici cinq stratégies pratiques à adopter dès aujourd’hui : Faites une pause et évaluez les enjeux : Avant de contredire ou de corriger, demandez-vous : « Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? » Si l’enjeu est minime, laissez passer. Dites : « Tu as peut-être raison » ou « C’est une perspective intéressante » pour apaiser votre instinct compétitif. Exemple : en réunion, plutôt que de contester l’estimation d’un collègue, dites : « Je vois ton point de vue, explorons-le davantage. » Pratiquez l’écoute active : Remplacez le besoin de convaincre par celui de comprendre. Écoutez sans préparer votre réponse. Acquiescez, maintenez le contact visuel, reformulez les propos de l’autre pour montrer que vous avez compris. Exemple : « Donc, tu suggères de prioriser X à cause de Y, c’est bien ça ? » avant d’apporter votre point de vue. Cédez dans les situations à faibles enjeux : Choisissez délibérément de « perdre » là où ça n’a pas d’importance. Laissez les autres conclure ou appliquer leur idée, même si la vôtre vous semble meilleure. Cela renforce la relation et apprend à reléguer l’ego au second plan. Exemple : lors d’un débat informel sur un outil logiciel, dites : « J’aime bien ton choix, essayons-le et voyons ce que ça donne. » Recherchez des issues gagnant-gagnant : Reformulez les désaccords comme des occasions de succès partagé, pas comme des batailles à gagner. Proposez des solutions qui intègrent les idées des autres avec les vôtres. Exemple : « J’aime bien ta focalisation sur X, pourrait-on la combiner avec Y pour atteindre les deux objectifs ? » Repérez vos déclencheurs : Pendant une semaine, notez les situations où vous ressentez l’envie de gagner. Quels contextes ou personnes la provoquent ? Êtes-vous plus enclin à argumenter sous stress, en insécurité, ou face à une hiérarchie ? Identifier ces schémas vous aidera à anticiper et maîtriser cette tendance. Exemple : si vous remarquez que vous devenez compétitif en présence de dirigeants, préparez-vous en vous rappelant de prioriser l’écoute.

Cas concret : transformer la compétition en collaboration

Lisa, directrice marketing, était reconnue pour son intelligence et son ambition. Mais son besoin de toujours avoir raison – corriger ses collègues, débattre de tout, imposer ses idées – épuisait son équipe. Après un retour négatif lors de son évaluation annuelle, elle a décidé de changer. Elle a commencé à faire une pause avant de répondre en réunion et à se demander : « Mon intervention est-elle nécessaire ? » Elle a aussi appris à céder dans les échanges mineurs. Deux mois plus tard, ses collègues se sont dits plus écoutés et valorisés. Son supérieur a remarqué son changement d’attitude et l’a recommandée pour un poste transversal. En renonçant à gagner chaque débat, Lisa a gagné bien plus : la confiance, le respect, et une nouvelle opportunité de carrière.

Votre défi : une semaine de lâcher-prise

Prêt à changer cette habitude ? Voici un défi simple pour commencer : • Durant les sept prochains jours, engagez-vous à céder dans au moins une discussion à faibles enjeux par jour. Cela peut être en laissant passer l’idée d’un collègue, en validant un détail mineur, ou en choisissant de ne pas corriger quelqu’un. • Suivez votre expérience : chaque soir, notez la situation, votre réaction et votre ressenti. Est-ce que céder a renforcé la relation ? Réduit les tensions ? Diminué votre stress ? • Partagez vos progrès : publiez un court message en commentaire ou discutez-en avec une personne de confiance pour rester motivé. Ce petit changement peut avoir un impact immense. En vous exerçant à la retenue, vous verrez que renoncer à certaines victoires immédiates ouvre la voie à des succès durables.