Réussite
sam. 10 oct. 2026 · 2 min de lecture
Les bâtisseurs et les plaisanciers : pourquoi les organisations promeuvent ceux qui ne dérangent pas
Une promotion est annoncée. Dans la salle, plusieurs personnes savent qui a réellement porté les dossiers difficiles de l'année. Ce n'est pas la personne nommée. La personne nommée est celle qu'on entend le plus en réunion. Ce schéma se répète, il touche plus durement les professionnels de la diaspora et ceux dont le métier est de questionner la direction, et il peut être corrigé.
Le bâtisseur livre. Il analyse avant de conclure et pose la question qui change la décision. Quand on retrace un projet abouti, on retrouve son nom dans les livrables et les chiffres. Le plaisancier prend la parole tôt et souvent, reformule ce que d'autres viennent de dire et donne une impression d'énergie. Sur le même projet, on retrouve son nom dans les comptes rendus, rarement dans le travail.
Ce n'est pas une question d'introversion. La différence tient à un seul test : peut-on relier ce que la personne dit à quelque chose qui a changé dans l'organisation ?
Une étude publiée en 2020 dans The Leadership Quarterly (MacLaren et coll.) a observé que, dans de petits groupes, le temps de parole prédisait qui serait perçu comme leader, indépendamment de la qualité des propos. Tomas Chamorro-Premuzic soutient depuis longtemps que les organisations confondent assurance et compétence. Et un gestionnaire voit les réunions bien plus que le travail fait entre elles.