Aller au contenu principal
Perspectives

Diomaye règne, Sonko gouverne : quand le parti prime sur la patrie

Ousmane Sonko centralise les décisions économiques et justifie des nominations controversées, renforçant un «État pastéfien» qui place le parti au-dessus de la République, fragilisant l'autorité présidentielle. Alioune Sall, ministre de la Communication, illustre cette gouvernance par ses maladresses divisant le secteur des médias.

Bachir Fofanasam. 11 janv. 20252min de lecture
Diomaye règne, Sonko gouverne : quand le parti prime sur la patrie

Le dimanche 5 janvier 2025, dans la nuit, Ousmane Sonko, Premier ministre et président du parti Pastef, s’est senti obligé de se présenter devant ses militants pour s’expliquer sur les nominations des nouveaux membres Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra). Notamment la très controversée nomination d'Aoua Bocar Ly-Tall. Lors d’un live sur Facebook, pour éclairer sur les motivations de cette décision et apaiser les tensions, il a rejeté toute interprétation politisée de cette nomination : «Le président de la République m’a soumis cette proposition, et je n’y ai décelé aucune anomalie. Si certains pensent que nous identifions tous nos détracteurs, ils se trompent. Le président de la République n’a jamais pris la défense de ceux qui étaient là pour insulter Ousmane Sonko.» Pour lui, l’intérêt général doit primer sur les rivalités personnelles. «Les Sénégalais doivent comprendre que le président de la République est au service de tous les citoyens, sans distinction. Il est impératif que les menaces cessent. Etre patriote ne donne pas le droit de dire tout et n’importe quoi», a estimé le leader de Pastef, non sans souligner qu’il n’y a pas «plus patriote que Bassirou Diomaye Faye qui a fait la prison pour (le) défendre». Pour faire simple, ce sont des «Pastéfiens» qui attaquent Pastef et c’est le leader, en vrai gourou, qui apaise ses partisans. C’est du «eux dans eux». Normalement, cela ne devrait nullement valoir une ligne, mais dès l’instant que cela touche à la

Discussion

« Entre loyauté partisane et devoir national, l’« État pastéfien » menace-t-il l’équilibre démocratique sénégalais ou incarne-t-il une nouvelle forme de gouvernance africaine ? »