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Perspectives

Quand le pouvoir efface la mémoire de ce qui l'a fait naître (Sonko vs. Diomaye)

Bassirou Diomaye Faye forme un gouvernement sans aucun membre de Pastef malgré sa majorité écrasante, rompant ainsi avec le mouvement qui l’a porté au pouvoir. Cette exclusion, perçue comme une rupture avec la promesse de changement, pose la question de la légitimité d’un pouvoir qui s’éloigne de sa mémoire collective et de ses engagements fondateurs.

Dr. Cheikh Tidiane Sow, Coach en Communication Politique.mar. 2 juin 20261min de lecture
Quand le pouvoir efface la mémoire de ce qui l'a fait naître (Sonko vs. Diomaye)

Tenir sa promesse, c'est maintenir soi-même là où la tentation serait de se dérober. Diomaye s'est dérobé. Non pas face à ses adversaires, mais face à lui-même.

Les ouvriers de l'oubli : Il y a des chiffres qui résument une époque. 130 contre zéro en est un. Cent trente députés Pastef sur cent soixante cinq, une majorité parlementaire écrasante, historique, sans précédent dans l'histoire politique du Sénégal moderne. Et pourtant zéro ministre issu de ce même mouvement dans le gouvernement que vient de composer le président Bassirou Diomaye Faye. Zéro. Le chiffre ne ment pas. Il ne plaide pas. Il constate avec la froideur implacable des faits qui n'ont pas besoin de commentaire pour être scandaleux.

Les politologues y verront une recomposition tactique. Les militants, une trahison. Paul Ricœur, lui, y lirait quelque chose de plus grave encore : un homme en rupture avec lui-même.

Toute situation politique complexe et, celle que nous vivons en est une, porte en elle plusieurs lectures simultanément légitimes. C'est l'un des enseignements fondamentaux de la philosophie herméneutique, ce qui en fait un outil irremplaçable face aux ruptures du pouvoir. 

Première lecture, celle du demos.

Discussion

« En formant un gouvernement sans aucun membre de Pastef, Diomaye trahit-il l’âme du changement ou pose-t-il les bases d’un État au-dessus des partis ? »