Œuvres
Sunulife · ven. 26 juin 2026 · 2 min de lecture
Le critique africain sous le feu des réseaux : une attaque contre l’institution littéraire
Sur les places numériques où se joue désormais le sort des lettres africaines, une rumeur monte, insistante et corrosive. Le critique — celui dont le métier est de lire, de peser, de situer — est sommé de s’expliquer. Non pas sur ses analyses, mais sur son existence même. Car l’institution de la critique, ce corps de savoir patiemment bâti par des générations de lecteurs exigeants, est aujourd’hui prise pour cible par une foule qui ne reconnaît plus l’autorité que pour mieux la déchirer. Cette offensive ne vient pas des cénacles académiques, mais de l’arène bruyante des réseaux sociaux, où la vitesse l’emporte sur la réflexion et où l’émotion tient lieu d’argument. On n’y discute plus des œuvres ; on y dénonce des positions. Le critique est accusé de marginalisation, de partialité, d’appartenance à une élite déconnectée. Pourtant, ces accusations, souvent formulées dans une langue de bois militante, cachent une vérité plus gênante : la critique littéraire africaine, en tant qu’institution, n’a jamais été aussi nécessaire, et jamais aussi menacée. Car qu’est-ce que critiquer, sinon exercer un jugement éclairé, fondé sur une connaissance intime des textes et des contextes ? La critique n’est pas un simple avis ; elle est un acte de responsabilité intellectuelle. En Afrique, où la littérature a toujours porté le poids de la mémoire et de l’identité, le critique est un gardien du sens. Le réduire à un agent de marginalisation, c’est méconnaître le rôle fondateur qu’il joue dans l




