Aller au contenu principal
Monde

Sunulife · sam. 13 juin 2026 · 2min de lecture

À Gaza, le Mondial comme bouffée d'air dans l'enfer du quotidien

À Gaza, le Mondial comme bouffée d'air dans l'enfer du quotidien
En bref

Sous les bombes et les décombres, des âmes cherchent une échappée. Le coup d'envoi du Mondial 2026 a offert aux Gazaouis un rare moment d'évasion collective.

À Gaza, le football n'est pas qu'un sport. C'est une respiration dans l'asphyxie, une fenêtre ouverte sur le monde quand les murs se referment. Le 11 juin, alors que retentissait le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026, des familles entières se sont rassemblées sous des tentes, dans des cafés improvisés, ou sur des places publiques que les frappes n'ont pas encore rasées. Pour quelques heures, le bruit des bombes a cédé la place aux chants des supporters. L'écran, souvent fissuré, est devenu un miroir d'espoir. Dans ce territoire meurtri, où chaque jour est une lutte pour l'eau, le pain et la sécurité, le Mondial représente une trêve fragile mais précieuse. Les enfants, dont beaucoup n'ont connu que la guerre, ont retrouvé des sourires en voyant leurs idoles courir sur le gazon. Les adultes, eux, se sont permis d'oublier, l'espace d'un match, les files d'attente interminables pour un peu de farine ou de carburant. Il y a une ironie douloureuse dans ce spectacle : des stades flambant neufs dans des pays lointains, tandis qu'ici, les terrains de foot sont des champs de ruines. Mais le football a ce pouvoir unique de transcender les frontières et les tragédies. Il rappelle que, même dans l'obscurité la plus totale, la flamme de la vie et de la joie collective peut encore vaciller. Les images qui nous parviennent de Gaza montrent des visages tendus vers l'écran, des mains levées pour un but, des larmes de joie mêlées à la poussière. Ce n'est pas de l'insouciance — c'est de la résistance par la joie. C'est une affirmation que la vie mérite d'être vécue, même quand tout semble perdu. Alors que le tournoi se poursuit, ces moments d'évasion deviendront plus rares, plus précieux. Mais ils resteront gravés comme des preuves que, même sous les décombres, le cœur humain bat encore pour la beauté du jeu. Que cette Coupe du Monde soit, pour Gaza, un souffle qui dure plus longtemps qu'un match.