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Sénégal

Sunulife · sam. 13 juin 2026 · 2min de lecture

Thiès : la forêt classée se meurt, l’État promet de redessiner ses limites avec les communautés

Thiès : la forêt classée se meurt, l’État promet de redessiner ses limites avec les communautés
En bref

En quinze ans, le couvert forestier classé de la région de Thiès a fondu comme neige au soleil. Face à l’urbanisation galopante et aux appétits miniers, les autorités annoncent une remise à plat des limites. Mais qui protégera les derniers arbres quand le béton et le phosphate avancent plus vite que la loi ?

Au Comité régional de développement de Thiès, le constat est tombé, implacable : le taux de classement forestier n’est plus que de 15,04 %. Derrière ce chiffre se cache une hémorragie silencieuse — des hectares de forêts classées grignotés par l’urbanisation, déclassés par des intérêts miniers, ou tout simplement effacés par l’oubli administratif. Le Sénégal des terroirs, celui que l’on dit encore vert dans les livres, saigne sous les bulldozers. Face à cette érosion, les autorités ont annoncé une réactualisation des limites des forêts classées. L’initiative, si elle se concrétise, devra être menée en concertation avec les communautés locales. Car ce sont elles, les gardiennes séculaires de ces massifs, qui connaissent le tracé des lisières bien mieux que les bureaux de Dakar. Mais la promesse de redessiner les cartes suffira-t-elle à stopper la pression ? Thiès, poumon minier du pays, voit chaque année ses carrières de phosphates grignoter les dernières réserves boisées. Le problème n’est pas nouveau. Depuis des décennies, les forêts classées de la région subissent un grignotage lent mais continu. Les plans d’urbanisation n’ont pas toujours respecté les limites officielles, et les permis miniers ont parfois été accordés sans étude d’impact sérieuse. Aujourd’hui, la réactualisation annoncée est un aveu d’échec des politiques passées, mais aussi une chance de repartir sur des bases plus solides — à condition que la parole des communautés ne soit pas une fois de plus noyée dans les rapports techniques. Cette concertation, si elle est sincère, pourrait redonner un peu de souffle à ces forêts qui ne demandent qu’à revivre. Mais le temps presse. À Thiès, la terre est convoitée : pour y construire, pour y extraire, pour y enterrer les déchets de la croissance. Réactualiser les limites, c’est bien. Les faire respecter, c’est tout un autre combat.