Héritage
Sunulife · mer. 7 oct. 2026 · 2 min de lecture
Dabakh, ou l'art de gouverner par la bonté : un héritage tidiane à méditer

Dans une Dakar où les débats sur l'autorité et la transmission agitent les familles comme les institutions, un livre vient rappeler que la bonté peut être autre chose qu'une simple vertu morale : une méthode. Sidy Diop, journaliste et auteur de « Dabakh, la pédagogie de la bonté », a présenté mardi son ouvrage consacré à Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh (1904-1997), ancien khalife général des Tidianes. Pour lui, la bonté du guide religieux n'était pas une inclination naturelle laissée au hasard, mais une véritable démarche pédagogique, entretenue avec rigueur dans ses rapports avec les autres. Une discipline, dit-il, qui structurait jusqu'à sa manière de gouverner la communauté. Le choix du terme « pédagogie » n'est pas anodin. Il suggère que l'attitude de Dabakh s'apprenait, se cultivait et se transmettait. Dans un pays où l'éducation reste au cœur des préoccupations, cette approche résonne comme un contrepoint aux méthodes fondées sur la seule autorité. La bonté, telle que la décrit l'auteur, ne relève ni de la faiblesse ni de la complaisance : elle est une exigence, un travail sur soi, une manière d'élever l'autre sans l'écraser. Un art de la relation qui, appliqué à la gouvernance, devient une forme de sagesse politique. Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh a marqué son époque par une présence spirituelle et sociale qui dépassait les frontières de sa seule confrérie. Son magistère s'est exercé dans une période charnière de l'histoire du Sénégal, où les guides religieux jouaient un rôle d