Goût & Style
Sunulife · ven. 29 mai 2026 · 2 min de lecture
Le baobab et l'assiette : rituels de résistance et de beauté

Il y a, dans le geste de moudre le sorgho, une répétition qui n'a rien de mécanique. C'est un battement de cœur, un pouls qui traverse les générations. La cuisine africaine, trop souvent réduite à une série de clichés culinaires, est en réalité un art de la transformation — un dialogue entre la terre et les mains, entre l'ancêtre et l'enfant. Et si l'on regardait l'assiette comme on regarde un défilé de mode, avec la même attention portée aux textures, aux couleurs, aux plis d'un pagne qui devient sauce? Prenez le baobab. Son fruit, poudreux et acidulé, est un trésor oublié des tables contemporaines. Pourtant, dans le Kaolack profond, les femmes le récoltent avec des gestes précis, hérités d'une tradition où chaque cueillette est un rituel. La poudre de baobab, mélangée à l'eau et au sucre, devient une boisson qui désaltère et guérit. Mais elle peut aussi se glisser dans une sauce, apportant une note d'acidité qui réveille le palais, comme un éclat de rire dans un repas silencieux. C'est là que la cuisine rejoint la mode : dans l'art de l'assemblage, de la superposition des matières. Un pagne en bogolan, avec ses teintes terreuses et ses motifs symboliques, n'est-il pas une composition culinaire? Le créateur choisit ses fils comme le cuisinier choisit ses épices, avec l'intuition de celui qui sait que la beauté naît de l'équilibre. Les récents éclats du cinéma africain — un prix d'interprétation à Cannes pour un Congolais, une Caméra d'Or pour un film burkinabè — nous rappell





