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Goût & Style

Sunulife · lun. 6 juil. 2026 · 2min de lecture

Attaya ou le rituel du thé : l’art de l’attente et du partage au cœur du Sénégal

Attaya ou le rituel du thé : l’art de l’attente et du partage au cœur du Sénégal

Il y a, dans le geste de verser le thé, une grâce que les mots peinent à capturer. Au Sénégal, l’ataaya – ce thé vert infusé à la menthe et au sucre – est bien plus qu’une boisson. C’est un rituel, une pause dans le tumulte du quotidien, une invitation à ralentir, à respirer, à être ensemble. La préparation du thé est un art qui se transmet de génération en génération, un héritage immatériel qui tisse des liens plus forts que le temps. Tout commence par le choix du thé : un Gunpowder vert, ses feuilles roulées en petites perles qui libèrent lentement leur amertume. Le maître de thé – souvent un homme, mais de plus en plus de femmes s’emparent de cet art – fait chauffer l’eau dans une bouilloire cabossée, posée sur un réchaud à gaz. La première infusion est brève, presque violente : l’eau bouillante est versée sur les feuilles, puis immédiatement jetée, comme pour laver l’âme du thé. Ce premier geste, ce sacrifice, est essentiel. Il prépare la feuille à donner le meilleur d’elle-même. Puis vient la seconde infusion, la plus importante. Le thé est remis à bouillir, longuement cette fois, jusqu’à ce que l’eau prenne une teinte ambrée. Le sucre – une quantité généreuse, presque scandaleuse – est ajouté, puis la menthe fraîche, froissée entre les doigts pour en libérer les huiles essentielles. Le tout est versé d’une hauteur impressionnante dans de petits verres en verre, créant une mousse légère en surface. Ce geste, appelé « faire la mousse », est un signe de maîtrise. Un bon th