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Communauté

Vouloir à la place de l'autre

L'article conteste l'adage « on ne peut pas aider quelqu'un qui ne veut pas être aidé » : dans la diaspora, l'aidant épuisé confond souvent fatigue et volonté, et son aide excessive vole le projet, poussant l'autre à l'abandonner. S'arrêter n'est alors pas un échec mais une restitution, rendant au bénéficiaire la propriété de sa réussite.

Sunulifedim. 6 sept. 20267 min de lecture
Vouloir à la place de l'autre

Une phrase revient toujours au moment où l'on n'en peut plus de quelqu'un qu'on aime : on ne peut pas aider quelqu'un qui ne veut pas être aidé. Elle soulage. Elle clôt le dossier. Elle transforme la fatigue en principe, ce qui est nettement plus confortable que d'admettre qu'on est simplement à bout. Je voudrais la prendre au sérieux, parce qu'elle n'est pas fausse. Puis expliquer pourquoi, dans la plupart des situations que j'ai vues de près, elle est le mauvais diagnostic d'un vrai symptôme.

Il y a, dans presque chaque cercle de la diaspora, une personne qui a compris le système avant les autres. Celle qui sait quel diplôme se fait reconnaître et lequel se heurte à un mur poli. Celle qui a appris que l'équivalence de diplôme et la reconnaissance des acquis ne se demandent pas au même guichet, que l'ordre professionnel n'est pas une formalité, que les postes intéressants s'ouvrent à des périodes précises de l'année et se remplissent avant même d'être publiés.

Cette personne aide. Elle transfère les offres. Elle relit les CV. Elle explique, pour la quatrième fois, la différence entre une attestation et une certification. Elle recommande, ce qui veut dire qu'elle engage son propre nom auprès de gens qui la connaissent professionnellement. Elle encourage, surtout — c'est la partie invisible du travail, et de loin la plus coûteuse.

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Discussion

Dans nos communautés où l'entraide est sacrée, cette phrase « on ne peut pas aider quelqu'un qui ne veut pas être aidé » ne sert-elle pas trop souvent d'alibi pour abandonner l'autre... ou pour éviter de se demander si l'aide proposée était vraiment celle qu'il attendait ?