Aller au contenu principal
Communaute

Los manteros : sur ceux de la diaspora qui ont transformé un drap étalé par terre en mouvement politique

À Barcelone, des Sénégalais sans papiers ont transformé la vente à la sauvette sur des draps en un puissant mouvement politique, créant syndicat et marque. Refusant d'être réduits à des nuisances, ils illustrent une remarquable auto-organisation de la diaspora en Europe.

Sunulifelun. 29 juin 20261min de lecture
Los manteros : sur ceux de la diaspora qui ont transformé un drap étalé par terre en mouvement politique

Le mot vient de manta : la couverture. Le drap qu'on étale sur le trottoir, sur lequel on dispose les sacs, les lunettes, les baskets, les babioles. Aux quatre coins se nouent des cordes ; il suffit de les tirer d'un geste pour que tout l'étal se referme en un baluchon qu'on emporte en courant à l'approche de la police. Mantero : celui qui vend sur la couverture. À Barcelone, à Madrid, sur les Ramblas et autour des gares, ce sont, pour une large part, des Sénégalais. Des hommes partis de Dakar, de Louga, de la région de Saint-Louis, qui ont fait de ce bout de tissu posé au sol leur poste de travail, leur gagne-pain, leur première marche en terre espagnole.

L'image est facile à mépriser. Le vendeur à la sauvette, le produit contrefait, la fuite à l'arrivée des agents. C'est ainsi que la ville préfère les voir : un problème d'ordre public, une nuisance à déplacer. Mais sous le drap, il y a autre chose qu'un commerce illégal. Il y a l'une des plus remarquables histoires d'auto-organisation que la diaspora ait produites en Europe.