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Sénégal

Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2min de lecture

Kahone : à Kanda Amady Diakho, les eaux usées deviennent une arme silencieuse

En bref

Brassards rouges et colère noire : les habitants d'un quartier de Kahone dénoncent des années d'abandon face à un canal à ciel ouvert qui empoisonne leur quotidien. Entre branchements clandestins et inaction des autorités, la saison des pluies approche comme une menace.

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À Kahone, dans le département de Kaolack, les habitants de Kanda Amady Diakho ont choisi le rouge pour crier leur détresse. Ce vendredi 22 mai 2026, ils ont enfilé des brassards rouges et sont descendus dans la rue, non pour une fête, mais pour dire non à des eaux usées qui ont pris possession de leur quartier depuis plus de quatre ans. « Comme vous le voyez, c’est comme si nous sommes en période d’hivernage, alors que non », a lancé Oumar Mbaye, délégué de quartier, décrivant des rues transformées en marigots nauséabonds où la santé de tous est en jeu. Derrière ce canal à ciel ouvert, c’est tout un système qui dysfonctionne. Les habitants pointent du doigt des branchements clandestins : des fosses septiques déversées directement dans le canal, aggravant une situation déjà insoutenable. « Nous demandons au service en charge de l’hygiène de sévir », a insisté Cheikh Vilane, tandis que la maire Fatou Sène, venue soutenir ses administrés, a rappelé que ce calvaire dure depuis plus de huit ans. Pour elle, le problème dépasse les autorités locales : « La reprise des travaux de ce canal demande une diligence qui dépasse même les autorités régionales. » Alors que l’hivernage approche, l’angoisse monte. Les eaux usées venues des quartiers voisins — Médina Mbaba, Médina Baye — continuent de submerger Kanda Amady Diakho, sans que l’ONAS ni le service d’hygiène n’interviennent vraiment. Les habitants lancent un appel au président de la République, aux plus hautes autorités. Mais ils préviennent : si rien ne change, ils passeront à la vitesse supérieure. Le rouge des brassards pourrait alors devenir celui de la colère.