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Sénégal

Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2min de lecture

En Afrique du Sud, la peur des migrants sénégalais face à la xénophobie

En bref

Alors que des foules sud-africaines traquent les migrants sans papiers, des dizaines de Sénégalais et d’autres étrangers trouvent refuge dans une église de Durban. Un climat de tension qui rappelle les heures sombres de 2008 et 2015.

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Dans la touffeur de Durban, une église du centre-ville est devenue un sanctuaire précaire. Mercredi, des dizaines d’étrangers — parmi eux des Sénégalais, des Somaliens, des Éthiopiens — y ont trouvé refuge, fuyant les patrouilles de foules déterminées à débusquer les migrants sans papiers. Depuis plusieurs semaines, une campagne xénophobe gronde en Afrique du Sud, ciblant ceux que l’on appelle les « Makwerekwere », un terme chargé de mépris. Pour la communauté sénégalaise de Durban, ces événements ravivent des souvenirs douloureux. En 2008, des émeutes anti-étrangers avaient fait 62 morts et des milliers de déplacés. En 2015, une nouvelle vague de violences avait contraint des milliers de migrants à se cacher. Aujourd’hui, la menace est plus diffuse mais tout aussi palpable. « Ils disent qu’ils veulent chasser ceux qui volent leurs emplois, mais nous sommes venus ici pour travailler honnêtement, pas pour prendre quoi que ce soit », confie un commerçant sénégalais, la voix tremblante. Les autorités sud-africaines peinent à endiguer la colère populaire, alimentée par un chômage endémique et des inégalités criantes. Dans les townships, des affiches appellent à la « chasse aux étrangers ». Les réseaux sociaux amplifient la haine, avec des vidéos montrant des foules traquant des migrants. Face à l’inaction policière, les réfugiés comptent sur la solidarité des églises et des ONG. Pour les Sénégalais de la diaspora, cette crise est un rappel brutal de la fragilité de leur insertion en terre étrangère. Beaucoup ont quitté Dakar, Thiès ou Saint-Louis pour échapper à la précarité, et se retrouvent pris dans un étau entre la xénophobie sud-africaine et l’absence de perspectives au pays. « Nous sommes entre deux feux », résume un jeune vendeur de vêtements, les yeux rougis. Alors que les marches anti-migrants se multiplient, l’ambassade du Sénégal à Pretoria a appelé ses ressortissants à la prudence. Mais pour beaucoup, fuir n’est pas une option. Leurs économies, leurs familles, leurs rêves sont ici. Dans l’église de Durban, des prières montent en wolof, en français, en anglais. Une seule supplique : que la tempête passe, et qu’ils puissent, demain, marcher la tête haute dans les rues de leur pays d’adoption.