Sunulife · dim. 24 mai 2026 · 2 min de lecture
Casse d'UBA Sénégal : deux nouvelles têtes arrêtées à l'AIBD, la Dic remonte la piste
Alors que le montant du préjudice atteint 1,143 milliard de FCFA, la Division des investigations criminelles vient d'interpeller deux personnes à l'Aéroport Blaise Diagne. L'une d'elles, un directeur commercial, est considérée comme un maillon clé du réseau.
L’affaire qui secoue UBA Sénégal n’en finit pas de dévoiler ses ramifications. La Division des investigations criminelles (Dic) a procédé, selon Libération, à l’arrestation de deux nouveaux suspects à l’Aéroport international Blaise Diagne, alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer pour Casablanca et Nantes. Le préjudice total est désormais estimé à 1,143 milliard de FCFA, une somme qui interroge sur la porosité des systèmes bancaires au Sénégal. Parmi les interpellés figure Abdou Aziz Thiam, 54 ans, directeur commercial de la société AgtEmotors. Les enquêteurs le considèrent comme un élément central : des images de vidéosurveillance le montreraient aux côtés de suspects activement recherchés, lors de retraits effectués aux Almadies dans la nuit du 30 au 31 janvier 2026. L’autre personne arrêtée, une femme se présentant comme agent marketing, pourrait quant à elle n’être qu’une victime collatérale d’un vaste système de clonage de cartes bancaires. L’enquête devra déterminer son degré réel d’implication. Cette fraude hors norme trouve son origine dans 3 421 retraits frauduleux opérés dans des distributeurs automatiques de Dakar, Thiès et Kaolack, tous ciblant exclusivement UBA Sénégal. À ce jour, six personnes ont été interpellées. Parmi elles, Ababacar Ndiaye (menuisier-ébéniste) et Bassirou Kane (footballeur) avaient déjà été arrêtés alors qu’ils tentaient de quitter le territoire. Puis Alioune Thiam, agent à La Poste et gérant de « Easy Go Téranga », considéré comme un des cerveaux présumés, avait été intercepté à son retour du Maroc. Enfin, Hamidou Tanou Diallo, commerçant à Kaolack et propriétaire de comptes UBA, a été arrêté à Keur Ayib. Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la diversité des profils : menuisier, footballeur, agent de La Poste, commerçant, directeur commercial… Un réseau hétéroclite qui a su exploiter les failles d’un système bancaire pourtant réputé. Au-delà du choc financier, c’est la confiance dans les institutions qui est ébranlée. Les Sénégalais, qui placent leur argent dans ces banques, méritent des réponses claires. La Dic poursuit son travail de fourmi, et l’on attend de savoir jusqu’où remontent les fils de cette toile.


